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Retour sur la conférence d’Isabelle Filliozat

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Conférence Isabelle Filliozat au Pasino de La Grande Motte

Voilà 15 jours que j’ai assistée à la conférence de Mme Filliozat au Pasino de La grande Motte. Voici mon retour et mon expérience sur cet événement.

Salle comble pour Mme Filliozat

Comme à son habitude, Isabelle Filliozat fait un carton plein, la salle atteint sa capacité maximale d’accueil et 1287 personnes sont présentes pour cet événement au sujet des émotions de nos enfants. C’est vraiment super de voir autant de parents et/ou professionnels s’investir dans l’éducation des enfants. Pendant la mise en place des participants et la séance dédicace de Mme Filliozat, je rencontre Thi de l’association Eveil Pur, l’organisatrice de l’événement, elle prend quelques minutes pour échanger avec moi, puis repart suivre l’organisation. Je suis intriguée par une grande affiche avec une inscription “école bienveillante”. Je découvre Cédric (qui a été formé à la méthode Filliozat) et son école associative Terre et Crayons à Candillargues, toute nouvelle école alternative autour de Montpellier depuis la rentrée 2017 qui accueille dans une classe unique les enfants de plus 6 ans. La conférence va bientôt commencer, je retourne à ma place. Thi prend la parole et commence par se présenter puis nous raconte son parcours, elle se dévoile en toute sincérité et simplicité, je ressens beaucoup d’émotions dans sa voix. Puis, arrive Isabelle Filliozat accueillie sous un tonnerre d’applaudissements telle une rock star. Après un petit selfie de routine avec son auditoire, Mme Filliozat rentre rapidement dans le sujet et souligne l’importance des émotions chez les enfants et la nécessité d’établir une relation cœur à cœur avec son enfant. Plutôt qu’un long discours en monologue, Mme Filliozat propose de formuler des questions (si c’est un cas concret, si possible informer le sexe et l’âge de l’enfant) qui animeront cette conférence. C’est donc par petits groupes de 6, que nous travaillons sur la proposition d’une question la plus pertinente possible afin de toucher un maximum de personnes. Nous avons 7 minutes chrono pour confectionner cette question et autant vous dire que ça passe très vite. Je suis dans un groupe dynamique et nous nous mettons rapidement d’accord. Mon groupe propose donc comme question : Comment accueillir en tant qu’adultes les émotions exprimées par nos enfants ? (cette question ne sera pas tirée par la main de Mme Filliozat et restera dans la boite).

Découvrez en vidéo quelques extrait de la conférence d’Isabelle Filliozat

Les questions abordées lors la conférence d’Isabelle Filliozat

Petit tour sur quelques questions/réponses lors de cette conférence.

Comment gérer les frustrations d’un enfant qui se roule par terre, notamment pour lire l’histoire du soir avec sa maman ? (petit garçon de 2 ans et demi)

Votre enfant hurle et se jette à terre parce qu’il n’obtient pas ce qu’il veut ? Il faut l’aider à réguler sa frustration. Votre enfant a accumulé des tensions tout au long de sa journée (séparation avec maman et papa, petites contrariétés…) Toute cette tension s’est accumulée dans l’amygdale cérébral. Le soir venu son petit cerveau se relâche et l’amygdale déclenche une réaction de stress qui engendre la sécrétion d’adrénaline et de cortisol chez nos enfants. La solution pour calmer l’amygdale est l’hormone de l’amour n°1 : l’ocytocine. Pour augmenter la production d’ocytocine dans le corps de votre enfant, il lui faut être en contact avec sa figure principale d’attachement (la personne chez qui l’enfant va se tourner en cas de danger, très souvent maman!) et rétablir un sentiment de sécurité.

Comment réguler la frustration ?

Après une longue journée passée loin de vous, votre enfant a besoin d’un temps pour évacuer son stress accumulé. Il a besoin de jouer, de bouger, de contacts physiques. Avant de vaquer à vos occupations, prenez quelques minutes pour accueillir votre enfant, proposez lui de jouer avec lui, faire un lancer de peluches, partager un moment de câlin et de tendresse… Ce moment sera bénéfique à votre enfant qui aura déchargé son stress et fait le plein dans son réservoir affectif.

L’importance de la frustration

Le test du Chamallow par Walter Mischel.
C’est en 1972 que le psychologue Walter Michel, professeur à l’université de Stanford aux États-Unis a mis en place cette expérience visant à étudier le comportement des enfants. L’idée est toute simple, un enfant est placé devant un Chamallow, il peut le manger tout de suite ou patienter et en obtenir deux par la suite. Si celui-ci résiste à la tentation de le manger pendant l’absence de l’adulte sur un temps déterminé, l’enfant aura le droit de le manger et obtiendra un Chamallow supplémentaire. Les enfants de moins de 3 ans n’y arrivent pas, c’est trop dur, tous mangent le Chamallow. Chez les enfants de plus de 3 ans, c’est assez partagé, certains craquent et d’autres résistent. Les enfants ayant participé au test de Chamallow ont été suivi et ils s’avèrent que les enfants ayant résisté à la tentation ont une meilleure vie que les enfants qui  n’ont pas résisté à la tentation. Cette étude de gratification différée est révélattrice de la maîtrise de soi et des émotions. Savoir attendre impact sur l’épanouissement personnel et professionnel, patienter serait bénéfique. On retrouve ce comportement chez les enfants dont les parents sont attentifs, présents en répondant à leurs besoins.

Regardez la vidéo sur le test du Chamallow

Pourquoi l’enfant reçoit un mal-être s’il doit changer de place à table par exemple ? (enfant de 5 ans)

Un enfant de 5 ans est en plein développement de sa conception de l’espace. C’était sa place et il a du mal à se repérer. Il faut aller dans le sens de votre enfant et ne pas rentrer dans un conflit sans fin. Utilisez cette formule par exemple “Oui mon chéri tu as raison c’était ta place, tu as le droit d’être contrarié, allez viens je te propose de prendre la mienne et la prochaine fois tu reprendras ta place”.

Il faut accompagner son enfant dans le processus d’organisation et de structure de son cerveau. L’orientation est un apprentissage qui se met en place dès la maternelle. L’enfant de 2 à 3 ans est en phase de construction de l’espace perceptif, il vit physiquement les situations. L’enfant de 5 à 6 ans est en phase de construction représentatif, il perçoit les situations spatiales et pense à l’espace en dehors de lui-même. L’enfant de 10 à 11 ans est en phase de construction de l’espace projectif, il représente l’espace et a des notions de perspectives.

Comment gérer un conflit entre frère et sœur sans prendre partie ?

Vos enfants se battent, c’est tout à fait normal car ils ne savent pas faire autrement. Ils ont parfois besoin de se chamailler, de sentir le contact et de se battre pour tester leurs compétences et s’exercer à percevoir leurs forces et les limites. Ces petites bagarres sont nécessaires pour le bon développement des enfants et leur sociabilisation. Prenez l’exemple d’une fratrie de petits chatons, ils se mordent, se battent, se donnent des coups de pattes et se griffent, leur mère les laissent se débrouiller et n’intervient seulement que si cela commence à déraper. Chez nos petits êtres humains c’est idem, il faut les laisser ressentir les choses, ainsi ils pourront déterminer leurs forces et leurs limites. N’intervenez uniquement qu’en cas de nécessité ou de danger. Dans le cas d’un enfant unique qui ne peut pas ressentir sa force avec un frère ou une sœur, il est réellement bénéfique pour lui d’organiser une bagarre (sous forme de jeu) parents/enfant pour lui permettre de rentrer en contact et de tester sa force.

Conférence Isabelle Filliozat au Pasino de La Grande Motte

Comment gérer les émotions de mon enfant suite à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petit sœur ?

L’arrivée d’un nouveau bébé dans votre famille perturbe votre enfant et vous sentez une certaine violence et haine dans son regard et son comportement. Il faut agir et ne pas laisser cette violence prendre le dessus. Ne pas prendre partie est primordiale, vous êtes aussi bien le parent de l’agresseur que le parent de la victime. Il est essentiel de revenir à un bon équilibre en passant du temps de qualité avec votre aîné. Maman passe beaucoup de temps à s’occuper du petit bébé et c’est papa qui s’occupe de l’aînée. Votre enfant ressent votre indisponibilité et a besoin de vous. N’oubliez pas que vous êtes sa figure d’attachement, vous avez le devoir de remplir son réservoir affectif en répondant à ses besoins et en ayant de la disponibilité. Prenez du temps pour votre enfant, parlez lui seul à seul, faites lui exprimer ses émotions, faites le parler et posez lui des questions. Exemple de question : Dis moi depuis que ton petit frère ou sœur est né, tu as l’impression que maman t’aime moins ? Votre enfant va verbaliser son ressenti. Dans un premier temps rassurez-le, dites lui à quel point vous l’aimez et faites lui un gros câlin, proposez lui ensuite d’établir ensemble un petit code ou un mot à chaque fois qu’il aura ce ressenti. Dès que votre enfant exprime le signal que vous avez défini, soyez disponible et prenez un moment pour lui et rien qu’à lui. Cette mise en place va permettre à votre enfant de vérifier votre disponibilité et de se reconnecter à vous, sa figure d’attachement principale. Vous verrez cette astuce va permettre une meilleure relation et va diminuer la haine de votre enfant envers son petit frère ou sa petite sœur.

Comment réagir face à un enfant en crise ?

Difficile de faire face à un enfant en pleine crise, surtout si celle-ci intervient dans un lieu public à la vue de tous. Prenez une grande respiration, ne tenez pas compte du regard des autres (certains sont déjà passés par là, d’autres y passeront sûrement un jour) la priorité est le bien-être de votre enfant. Votre enfant à un besoin non satisfait, il faut l’aider à résoudre son problème. Rappelez-vous, amygdale cérébrale, sécrétion d’adrénaline, de cortisol et stress chez votre enfant. La solution vous la connaisez maintenant, c’est l’ocytocine, le carburant de l’amour qui sera secrété lorsque vous établissez un contact avec votre enfant. Mais votre enfant est plutôt tactile, visuel ou auditif ? Un enfant tactile sera sensible à un contact visuel et à un contact physique. Un enfant visuel a besoin que son parent se mette en retrait tout en restant disponible pour lui. Un enfant auditif aura besoin qu’on lui parle d’une voix douce et pourquoi pas même en chantant. Prenez bien conscience qu’un enfant en crise, c’est comme une tempête électrique dans son cerveau et son corps. Il ne peut pas se calmer tout seul, il a besoin de vous, en fonction de son mode sensoriel, vous pouvez l’aider à retrouver son calme.

Le petit jeu du Ninja et de la feuille

Pour calmer une colère, vous pouvez proposer à votre enfant de l’exprimer par la voix. Vous tenez une feuille et votre enfant doit la déchirer d’un coup de main (comme un Ninja) en criant Ninja ou autre mot à sa convenance. Je n’ai pas encore tester cette astuce, je le lui proposerais à la prochaine crise. Ici, nous avons déjà mis en place le coussin de la colère, un coussin dédié à être “maltraité” ou petit chat peut se défouler dessus et pour un retour au calme, il peut souffler sur des plumes et les faire voler.

Conférence Isabelle Filliozat au Pasino de La Grande Motte

Comment gérer l’écoute des émotions si on n’a pas matériellement le temps de le faire ? (petit garçon de 3 ans)

Malgré une bonne volonté, nous sommes toujours happé par le quotidien, le travail, les devoirs, préparer le repas, faire le ménage…. Nous ne sommes pas vraiment disponible pour être réellement à l’écoute de son enfant. Par exemple, votre enfant vous parle, vous l’écoutez d’une oreille sans vraiment y prêter attention et tout en faisant la vaisselle. Vous reconnaissez ce genre de situation ? Soyez disponible  pour accueillir les émotions de votre enfant. Il a très envie de vous parler d’un petit souci, posez tout, prenez quelques minutes et mettez vous à sa hauteur. Écoutez-le, mesurez son souci et adaptez votre phrase d’empathie et votre ton de voix. Décrivez la situation. “Ah oui mon chéri, Paul a détruit ta construction de Légo à l’école, je comprends et tu as du être bien triste, je te propose d’en construire une avec toi, si tu veux” suivi bien sûr d’un câlin. Apprenez à développer votre empathie pour avoir une meilleure relation avec votre enfant.

Comment calmer les enfants après un moment de tempête ? (garçon de 6 ans)

Les neurosciences nous permettent aujourd’hui de confirmer sur le fait qu’isoler un enfant pour qu’il réfléchisse ou se “calme tout seul” n’est vraiment pas la bonne attitude à adopter et qu’elle risque même d’endommager son cerveau. Le cerveau de votre enfant est en pleine construction, les synapses (qui permettent de faire la liaison entres deux neurones) reliant la zone préfrontale et la zone émotionnelle se mettent en place et sont court-circuités en cas de situation de stress et peuvent réduire la maturation de cette zone. De nombreuses études sous IRM menées sur le cerveau d’un enfant en crise et en situation de stress, démontrent que la douceur des paroles et du doux regard de l’adulte permettent le bon développement du réseau des neurones et aident considérablement l’enfant à se calmer. En aidant ainsi votre enfant à réguler sa stabilité émotionnelle et à développer sa zone préfrontale, il sera en mesure de gérer les crises et les situations de stress seul par la suite.

Une conférence réussie !

Conférence Isabelle Filliozat au Pasino de La Grande Motte

La conférence se termine déjà, Madame Filliozat a abordé les sujets avec beaucoup de pertinences en démontrant que les émotions et les réactions des enfants sont bien neurologiques. A nous parents et adultes d’être à l’écoute des émotions de nos enfants pour mieux les accompagner et leur donner tous les outils nécessaires à leur bon développement. Les enfants et les émotions sont la vie !

Un grand MERCI, un grand BRAVO à :

  • Isabelle Filliozat pour le déplacement, sa présence et son partage lors de cette conférence riche d’enseignements.
  • L’association Éveil Pur pour cette initiative et cette super organisation. L’accueil et la fluidité étaient également au rendez-vous.
  • La librairie présente qui a permis l’acquisition d’ouvrages de Mme Filliozat avec la possibilité de les faire dédicacer.
  • Aux parents et aux professionnels présents.
  • Toutes les personnes dans l’ombre de cet événement mais tellement indispensables à son bon déroulement (intervenants Filliozat & Co, la photographe, les cameraman, le personnel de la sécurité…)

Quelques photos de la conférence

Sujet pour la prochaine conférence qui aura lieu en 2018

Au vu du succès des 2 événements organisés, l’association Éveil Pur projette une nouvelle conférence avec Isabelle Filliozat en 2018. A la fin de cette conférence, il était possible de remettre un petit questionnaire proposant le choix du prochain thème animé pat Mme Filliozat :

  1. Comment aider les enfants à avoir confiance en eux ?
  2. Le chemin de la joie (des enfants joyeux, des parents heureux).
  3. La place des écrans dans la famille
  4. Et si c’était l’alimentation ?

L’association Éveil Pur est vraiment dynamique dans cette démarche de transmettre et de faire connaître les nouvelles approches de parentalité positive et a de nombreux projets :

  • La projection du film “L’arbre de l’enfance”
  • Organiser un festival sur le Brésil
  • Organiser des conférences avec divers intervenants : Catherine Dumonteil-Kremer, André Stern, Jean-Pierre Lepri, Thierry Pardo, Mellissa Plavis, Thomas D’Ansembourg, Chritine Lewicki, Yves-Alexandre Thalmann, Julien Kaibeck…

Vous pouvez suivre toute l’actualité de l’association Éveil Pur ici.

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